Dante ANDREO

Dante AndreoDepuis quelques années, le Madrigal de Lille a mis à son répertoire des oeuvres du compositeur argentin Dante Andreo.

Nous avons eu l’occasion de le rencontrer et de travailler avec lui lors d’un week-end mémorable (plus de détails dans les archives)

Dante Andreo est né en Argentine en 1949. Il s’est consacré complètement à la musique chorale, notamment en se spécialisant en musique espagnole ancienne. Il est chef de choeur et compositeur d’un grand nombre d’oeuvres chorales tant religieuses que profanes. Les chants de la terre, chants de l’air, chant du feu ont été composés en 1997. Ils sont écrits pour 4 voix mixtes a capella. Les 3 cycles forment un enchaînement de pièces courtes, très expressives. Des pièces dansantes alternent avec des pièces plus dramatiques, à l’image de cette Espagne du début du 20e siècle, illustrée par Garcia Lorca. (Michel Pirson)

Au répertoire du Madrigal :

  • Les Cantos sur des poèmes de Federico Garcia Lorca (saisons 2005-2006 & 2006-2007) :
    • Cantos del agua
    • Cantos del aire
    • Cantos de la tierra
    • Cantos del fuego
  • Les cantos andinos (saisons 2004-2005, 2005-2006 & 2006-2007) : trois chants populaires andins harmonisés pour choeur
  • Deux tangos harmonisés pour choeur (saison 2007-2008)
    • Uno
    • Nostalgias
  • Cinq noëls populaires (Concert de Noël 2007)
    • El nacimiento
    • Arbolito
    • La peregrinacion
    • Mazapan
    • Los Reyes Magos

LES CANTOS DE FEDERICO GARCIA LORCA

Traduction Michel Pirson pour Le Madrigal de Lille

CANTOS DEL AGUA

Agua, donde vas ? (Onde, où t’en vas-tu) – in Romancero gitano

Onde, où t’en vas-tu ?
Je m’écoule en riant
jusqu’au bord de la mer
Mer, où t’en vas-tu ?
Remontant le cours d’eau je cherche
la fontaine où me reposer.
Que fais-tu, toi, peuplier ?
Je ne veux rien te dire,
Je ne puis que trembler !
Où lancer mes désirs
par le fleuve et la mer ?
(Quatre oiseaux se sont posés
sans but sur le haut peuplier) ».

CANTOS DE LA TIERRA

Tierra seca (Terre sèche) – in Poèmes de la solea

Terre sèche, terre quiète aux nuits immenses.
(vent dans l’oliveraie, vent dans la montagne)
Terre vieille, de la chandelle et de la peine.
Terre aux profondes citernes.
Terre de la mort sans yeux, et les flèches.
(vent par les chemins, brise dans les peupliers).

Sorpresa (Surprise) – in Poèmes de la Solea

Mort il resta dans la rue, un poignard dans la poitrine. Nul ne le connaissait. Comme tremblait le réverbère ! Mère ! comme il tremblait, le réverbère de la rue !
C’était l’aube, nul ne put paraître à ses yeux ouverts dans l’air dur. Mort, oui mort il resta dans la rue, un poignard dans la poitrine. Et personne, personne ne le connaissait.

CANTOS DEL AIRE

Serenata de Belisa – in Eros avec canne.

Sur les bords de la rivière, la nuit se baigne, et sur les seins de Lolita, meurent d’amour les bouquets.
La nuit nue chante à voix basse, sur les ponts de mars. Lolita lave son corps avec de l’eau de nard.
Ay ! Ils se meurent d’amour les bouquets.

Es verdad (C’est bien vrai) – in Andaluzas

Ah, qu’il me coûte de peine à t’aimer comme je t’aime!
Amoureux, l’air me fait mal, mon coeur et mon chapeau même.
Qui donc voudra m’acheter ce galon tressé de soie, cette tristesse de fil blanc à faire des mouchoirs ?
Ah, qu’il me coûte de peine à t’aimer comme je t’aime!

Remanso, cancion final (« retour au calme, étalement », chanson finale)

Déjà tombe la nuit, les rayons de lune frappent sur l’enclume du soir. Un grand arbre se défend avec les paroles des chanteurs, déjà tombe la nuit. Si tu viens me voir par les sentiers de l’air, tu me rencontreras pleurant, ay ! ma brune, tu me trouveras pleurant sous les grands peupliers.

CANTOS DEL FUEGO

La Lola

Elle lave sous l’oranger des langes de coton ; elle a les yeux verts, la voix violette.
Hélas ! amour, sous l’oranger en fleurs !
L’eau de la rigole était pleine de soleil, dans l’olivier chantait un moineau.
Hélas ! amour, sous l’oranger en fleurs !
Puis, lorsque Lola aura usé tout le savon, viendront les toreros.
Hélas ! amour, sous l’oranger en fleurs !

Il paso de la Siguiriya (Le passage de la Séguidille)

Parmi les papillons noirs, va une fille brune à côté d’un blanc serpent de brouillard.
Elle est enchaînée au frémissement d’un rythme qui jamais n’arrive ; elle a un coeur d’argent et un poignard dans la main droite.
Où vas-tu, séguidille, avec un rythme sans tête ? Quelle lune recueillera ta douleur de chaux et de laurier-rose ? Terre de lumière, ciel de terre.

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